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Sortie du 31 janvier 2017

Dernier ajout : 2 février.

Durant la matinée du mardi 31 janvier 2017, le groupe du CNRD (Concours National de la Résistance et de la Déportation) s’est rendu à la Préfecture de Nanterre pour assister à une conférence sur la Déportation pendant la Seconde Guerre mondiale, animée par M. B. Benzemra.

Les élèves ont eu le privilège de rencontrer Pierre Bordage, un témoin direct de la Déportation vers les camps concentrationnaires, dans le cadre du concours de cette année qui a pour thématique : La négation de l’homme dans l’univers concentrationnaire nazi.

La conférence a commencé avec le Chant des Marais, qui rend compte de la vie dans les camps.

Roger Bordage était le témoin de notre rencontre et Éric Brossard assistait la séance. Nous avons vu un extrait du film L’enclos d’Armand Gatti qui nous a permis d’entrer dans le vif du sujet. Nous avons parlé du « rôle » du SS, du kapo et des déportés dans le camp. Nous avons également vu deux témoignages de Jacqueline Fleury qui racontait son travail dans une carrière à Ravensbrück et celui de Marie-José Chombart de Lauwe qui s’occupait du Kindergarten (Jardin des enfants) au camp de Ravensbrück.
On nous a montré plusieurs photos dans le camp qui étaient, pour certaines, clandestines afin de dénoncer les atrocités que subissaient les détenus dans les camps.
Aujourd’hui, nous gardons comme héritage de ces événements les dessins des détenus pour démontrer la vérité des camps ainsi que de nombreuses ressources présentées par Olivier Muth qui est chargé des archives départementales.

Puis, nous avons eu le témoignage de Roger Bordage qui nous a raconté son histoire depuis le début de la guerre jusqu’à la Libération :
Né le 2 avril 1925, il était âgé de 14 ans au début de la guerre, puis il a commencé à aider les résistants à l’âge de 17 ans. Il était alors chargé de distribuer des messages papiers ou oraux, mais sans en connaître le contenu. Il se sentit peu à peu surveillé et chercha donc à s’enfuir vers l’Angleterre en passant par l’Espagne de manière clandestine avec de faux papiers. En mars 1943, il réussit à traverser les Pyrénées et se reposa avec ses camarades dans un abri. Il fut arrêté par les nazis et amené dans une prison à Bordeaux. Il se fit interrogé par le SD qui lui demanda s’il comptait rejoindre le général Giraud ou le général de Gaulle ? Ils ont dû rester quelques temps en prison avec 4 lits pour 10 hommes et avec très peu d’hygiène. Ils étaient obligés boire l’eau des latrines. Ils étaient également attaqués par des punaises. C’est là qu’il fut déporté à camps de Sachsenhausen dans des conditions inhumaines : 90 personnes dans un wagon qui doit en contenir 40, un seul seau en guise de toilettes. Arrivés au camp, on leur fit enlever leurs chaussures et on leur prit tous objets de valeurs, on les rasa, on les passa au grésil pour les désinfecter et on leur fit enfiler des tenues rayées. A partir de ce moment, ils devaient apprendre à marcher comme une armée, à apprendre leur numéro et à respecter des règles strictes et tout cela devait s’exécuter en allemand. Les hommes étaient employés dans des usines d’armement pendant 9 mois. Ils perdaient chaque jour 900 calories, ce qui fait que Roger Bordage pesa 33kg à la Libération. Le 18 avril 1944, l’usine fut bombardée. Himmler voulait qu’aucun détenu ne tombe entre les mains des Alliés durant l’évacuation du camp.
Le 25 mai 1945, il réussit à rentrer à Lille pour recevoir des soins.

Après le témoignage de Roger Bordage, nous avons eu un échange avec l’ensemble des élèves, nous avons pu poser de nombreuses questions.
-  Comment reprendre une vie « normale » après le camp ?
Cela a mis plus de 20 ans à se réadapter et cela a demandé beaucoup de résilience. On n’est plus la même personne et on a plus confiance en l’être humain. Il y a un sentiment d’incompréhension de la part de la famille.
-  Quels objets ont été rapportés du camp ?
Des courriers que les détenus étaient forcés à écrire à leur famille et qui passaient à la censure.
-  Comment tenir dans les camps ?
Il y avait des gens biens comme des résistants dans les camps mais aussi mélangés avec les droits communs (criminels, voleurs…). Des groupes de résistants se sont formés pour résister à l’intérieur du camp pour recevoir les bonnes informations et comprendre l’issue de la guerre. Ils ont par exemple eu l’information du Débarquement de Normandie le jour même !
Il y avait en tout 18 nationalités dans une seule baraque.
-  A-t-il témoigné directement après la guerre ?
Ce qui fut le plus important en premier lieu était de défendre leurs droits. Les témoignages sont arrivés bien après.
-  Qui étaient les kapos  ?
Ils sont choisis par les SS parmi les condamnés de droit commun, c’est-à-dire parmi les criminels… Ils sont privilégiés par rapport aux autres détenus : ils mangeaient mieux, avait un matelas, avaient plusieurs droits… Les SS donnaient aux kapos le droit de vie ou de mort sur les détenus.

La matinée s’est terminée avec La Marseillaise.

Article rédigé par Emma ORLANDO 3e4 avec le soutien d’Arthur Souchon 3e5


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Directeur de publication : Selim BELBACHA, Principal